Le sable nocturne de ce désert me carbonise, mais ce ne sont pas mes pieds qui brûlent ; et au travers du tourment parfois mes autres jambes meurent, il me faut alors endurer la morsure du feu et les atroces blessures du métal. Je m'échappe finalement. Je tombe et tombe jusqu'à de majestueuses prisons de soie. La montée ne signifie rien, les petites créatures en haut s'évanouissent et dans leur ventre brillent d'étranges trésors. Et toi, petit monstre, ton abominable et pétrifiante antre me plaît, ton bain noir est un vrai délice où se reflètent d'inquiétantes lucioles vertes. Tu n'existes déjà plus mais tu reviendras, tourmenteur immortel, quand le cauchemar prendra-t-il fin ? Je ne serai plus là. En attendant ton âme couvrira mes épaules.
Oh, très chère louve, je dois partir, et sans moi je ne suis plus, je te laisse dans les limbes, rêver à la nuit future où tu te glisseras dans une somptueuse robe noire, insouciante des dangers qui te cernent. Je dois revenir, répéter la cérémonie rythmée par la mélodie des os. Oui, l'oeil observateur remarquera qu'elle n'est toujours pas là. A-t-on besoin d'elle ? Vous savez qu'elle a été trop sollicitée. Et la faire revenir est risqué pour elle. Je ne sais même pas si c'est possible. Je ne voudrais pas qu'elle se retrouve amputée.
Souffles et échos me bercent tandis que je me dirige vers la rive.