jeudi 17 mars 2011

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...Et c'est ainsi que le ciel s'ouvrit. L'escalier de verre fut bâtit par des rongeurs disparus, réanimés par les nécromants de l'Est. C'est en posant le pied sur la première marche que je l'aperçus, net au milieu de cette tempête de sable contre laquelle j'avais lutté pour parvenir au lieu sacré où se mêlent les océans. Un hachoir géant, capable lui aussi de déchirer le tissu céleste. Il était à portée de main. Que faire ? Le tourbillon commençait à se faire menaçant et derrière lui des chaînes d'argent cliquetaient, promesses d'échos abominables.

mercredi 16 mars 2011

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Sous l'océan noir bouillonne un volcan large comme un continent. Sa lave devrait emprunter le canal du fleuve, rencontrer l'eau, créer des colonnes d'une belle fumée jusqu'aux étoiles, mais les forces qui contrent la spirale dressent une barrière inattendue, invisible, impénétrable. Des milliards de cellules sont torturées durant l'extase de leur éveil. Quand la nuit priera la statue étrange du maître inerte sous un ciel circulaire, alors peut-être que le cataclysme reprendra, sublime et porteur d'un espoir, celui de changer toutes les réalités.


lundi 14 mars 2011

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Alors que j'avançais dans ma quête pour savoir si le destin du peuple serait aussi le mien, la mangeuse de pommes m'a guidé jusqu'à un canyon presque désert qui donnait sur un champ de bataille. Un premier contingent était déjà mort et un ami m'a conté leur valeur au combat. Puis le fracas des armes a retenti à nouveau, mais ces soldats semblaient égarés sur cette plaine. J'ai réalisé que j'étais plein d'une confiance qui n'était pas mienne naguère : ces soldats étaient destinés à périr, leurs attaques, bien que globalement précises, étaient inoffensives, en comparaison, les miennes auraient eu l'effet d'une coulée de lave. La deuxième vague (enfin, la troisième, étant donné que je n'avais pas vu la première) parvint néanmoins à effectuer une percée tout à fait appréciable.

J'en profitai pour me glisser plus loin ; de moins en moins de voix s'élevaient.

Je parvins enfin à un temple noir. Mon intuition me fit arriver au bon moment : je fus accueilli par 5 prêtresses. Ce temple était utilisé par l'armée dans le cadre d'un dispositif militaire. Mais cela n'avait pas l'air de bien fonctionner, il s'agissait encore du travail négligent d'un général mal avisé. L'architecture du temple était admirable et de l'intérieur provenait le grondement magique des tambours divins. J'aurais adoré visiter l'intérieur du temple, mais c'est toujours délicat avec ces lieux sacrés. Il y a de quoi jalouser les prêtresses d'habiter dans un tel cadre ; hélas, avec le temps, cela doit les rendre indifférentes.


lundi 7 mars 2011

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Laisser partir le goudron. Pas parce qu'il est noir, mais parce qu'il colle, empêche de marcher. Je nage au bord d'un océan invisible, traversé de lignes noires, filets où les poissons s'accrochent, formant la masse aquatique, mais il n'y a pas de route, de multiples courants, d'innombrables couleurs. La mort n'a pas sa place ici, il y a au contraire trop de vie, mais si les poissons manquent le filet ils seront avortés, ne deviendront pas créatures, être chéris, que dis-je, vénérés pour les siècles à venir par des cultes fanatiques. Le filet est important mais ce n'est pas la fin... le couteau devra être tranchant, c'est superficiel mais cela compte aussi pour tous, pas pour moi.

dimanche 6 mars 2011

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Un soupçon de chute, des rubis sans braise. Et toujours des oreillers froids, même si aucune pointe de métal acérée ne s'y cache. Sous les piliers, il y en a beaucoup. Comme dans de l'eau ils sont emportés par le courant quand je tends la main. Elle s'assoit certainement avec des cadavres animés qui ne peuvent pas lui donner ce qu'elle veut. La forge intérieure fabrique de lourdes masses de métal, boulets qui mordent nos pieds, avides de retrouver le fond.

jeudi 3 mars 2011

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Au-delà de l'abbaye, le moine guerrier projette ses mécanismes dans mon âme, prodige ultime, mais délétère. Briser la prison, une autre prison, comme un réflexe démoniaque. Cacher la tentation, aplatir ce monde entre des feuilles digitales, afin de l'oublier, et pourtant je sais que je retournerai la chercher. J'ai passé trop de temps à oeuvrer, à ciseler la pierre de ce nouvel édifice. Le temps est l'ennemi de la perfection. Dans ma musette il y a tant de pierres non polies qui attendent mes outils. D'où viennent-elles ? Comment se sont-elles cachées dans les tréfonds de la terre ? Ce n'est pas important, et tel mon ami loup trappu et tatoué, j'apprécie le plaisir de les trouver. Les livrer à quelque novice, c'est autre chose. Pourtant ils sont si beaux quand c'est moi qui les polis.

mercredi 2 mars 2011

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Le sable nocturne de ce désert me carbonise, mais ce ne sont pas mes pieds qui brûlent ; et au travers du tourment parfois mes autres jambes meurent, il me faut alors endurer la morsure du feu et les atroces blessures du métal. Je m'échappe finalement. Je tombe et tombe jusqu'à de majestueuses prisons de soie. La montée ne signifie rien, les petites créatures en haut s'évanouissent et dans leur ventre brillent d'étranges trésors. Et toi, petit monstre, ton abominable et pétrifiante antre me plaît, ton bain noir est un vrai délice où se reflètent d'inquiétantes lucioles vertes. Tu n'existes déjà plus mais tu reviendras, tourmenteur immortel, quand le cauchemar prendra-t-il fin ? Je ne serai plus là. En attendant ton âme couvrira mes épaules.

Oh, très chère louve, je dois partir, et sans moi je ne suis plus, je te laisse dans les limbes, rêver à la nuit future où tu te glisseras dans une somptueuse robe noire, insouciante des dangers qui te cernent. Je dois revenir, répéter la cérémonie rythmée par la mélodie des os. Oui, l'oeil observateur remarquera qu'elle n'est toujours pas là. A-t-on besoin d'elle ? Vous savez qu'elle a été trop sollicitée. Et la faire revenir est risqué pour elle. Je ne sais même pas si c'est possible. Je ne voudrais pas qu'elle se retrouve amputée.

Souffles et échos me bercent tandis que je me dirige vers la rive.